Quelques infos pour y voir plus clair

Le principe est le suivant : c’est le patient, et le patient seul qui détient les réponses. Nous pouvons ou non le rendre capable de cerner ce qui est connu ou d’en devenir conscient en l’acceptant.

D. Winnicott, Jeu et réalité

Un choix épineux

Choisir un psy, choisir SON psy, ce n’est pas chose facile. Bien souvent, il m’arrive de voir des personnes en souffrance et désireuses de consulter, se retrouver dans des impasses douloureuses parce qu’elles n’arrivent pas à trouver la bonne personne pour elles. Souvent, ces patients baissent les bras, « attendent que ça passe », s’habituent à leur mal-être et se résignent. Ils se remettent en question (« la thérapie, ce n’est pas pour moi ») ou passent à l’acte, bouleversant, parfois pour le pire, le cours de leur vie.

Dans le domaine « psy », il existe différents métiers, quelques titres précis, et beaucoup de formations. Certains praticiens cumulent et mélangent les formes et les styles, d’autres creusent le sillon d’une seule voie. Encore une fois, il ne s’agit pas de juger, ni de vous donner des conseils, mais juste des informations.

Les métiers

Pour faire simple, on peut identifier 5 métiers

  • Les psychiatres : ce sont des médecins et ils traitent principalement les pathologies qui nécessitent le recours à des médicaments (schizophrénie, troubles bipolaires, certains états dépressifs…). Ils complètent souvent cette intervention médicale par une thérapie dont la technique peut varier.
  • Les psychologues cliniciens : ce sont des praticiens qui ont fait des études de psychologie (niveau Master). Ce sont donc des psychologues mais ceux qui ouvrent un cabinet sont souvent dits « cliniciens » puisqu’ils se sont spécialisés dans les pathologies psychiques. Ils traitent toutes sortes de troubles et leur pratique peut s’appuyer sur des techniques différentes en fonction de leur approche.
  • Les psychanalystes : ce sont des praticiens formés dans des instituts privés ou à l’université et doivent eux-mêmes se soumettre à une analyse afin de valider leur formation. Comme les psychologues, ils traitent de nombreux troubles mais leur pratique repose essentiellement sur la technique analytique.
  • Les psychothérapeutes : psychiatres, psychologues cliniciens ou psychanalystes, ils ont reçu une formation complémentaire qui leur permet de bénéficier d’un titre particulier reconnu par l’état.
  • Les coachs : leur formation dépend de leur spécialité et elle est plus ou moins reconnue par l’état. Le plus souvent, les coachs s’occupent de modifier une composante particulière de la vie du patient et s’engagent à obtenir de façon rapide un résultat précis (arrêter de fumer, mincir…). Il existe de nombreuses spécialités de coaching.

Bien sûr, vous l’avez peut-être remarqué, certains praticiens associent plusieurs métiers : un psychiatre ou un psychologue clinicien peut aussi se dire psychanalyste, un psychothérapeute peut également faire du coaching etc.

Les techniques thérapeutiques

Toutes les thérapies qui fonctionnent reposent sur l’engagement du patient, quelle que soit la forme privilégiée par le thérapeute. Cependant, les techniques employées vont avoir une influence sur la réponse du patient et dépendent donc aussi d’une éthique que le thérapeute véhicule à travers elles.

  • Le positionnement du thérapeute : plus la technique repose sur l’intervention du thérapeute, plus il s’agira d’être pragmatique et plus on se rapprochera du coaching. En parlant, en donnant des conseils ou des exercices, le thérapeute se place comme « celui qui sait » et qui peut permettre à son patient de résoudre un problème précis, comme une phobie par exemple. Les techniques employées alors sont celles de toutes les sortes de coaching, mais aussi de l’hypnose, de l’EMDR (diminution de la charge émotionnelle d’un traumatisme par les mouvements oculaires qui aident à traiter ces émotions), des TCC (thérapies cognitives et comportementales qui cherchent à aider le patient à remanier ses façons de pensée et ses comportements face à un événement source d’angoisse), des therapies brèves etc.

    D’autres approches se garderont de trop intervenir afin de ne pas mettre le patient dans une position de dépendance au thérapeute, et en lui permettant de faire et d’assumer ses propres choix de façon éclairée. Il s’agit alors de laisser le patient s’exprimer tout en reformulant ce qu’il se dit à lui-même ou en l’aidant à interpréter ce propos. C’est le cas de l’approche analytique par exemple.

  • Le symptôme et sa cause : la technique différera si l’on cherche à faire taire un symptôme handicapant, ou si l’on en cherche l’origine. Si vous êtes sujet aux migraines, un antalgique supprimera le mal de tête mais pas le stress qui en est la cause. C’est donc une question d’approche du problème mais aussi de désir du patient de s’engager dans un travail en profondeur ou non. Une phobie peut être appréhendée par exemple par des TCC qui permettront d’habituer le patient à ce qui lui fait peur et donc de diminuer son angoisse ; mais l’analyse par exemple prendra en considération les causes inconscientes de cette angoisse, dans le but d’empêcher que celle-ci ne se déplace (vers une autre phobie par exemple). Autre exemple, la situation douloureuse d’un adolescent pourra être prise en charge dans le cadre d’une thérapie analytique mais elle pourra aussi faire l’objet d’une thérapie systémique (où l’on considère que ce qui est important dans cette situation, c’est le système dans lequel l’adolescent est pris : système familial ou amical etc., et dans lequel il tient une place ou joue un « rôle » particulier). Chaque approche a des avantages et des inconvénients.

  • La longueur de la thérapie. Certaines approches revendiquent leur qualificatif de « thérapie brève », d’autres comme la psychanalyse sont réputées pour leur longueur. Cependant, au-delà des clichés et des effets d’annonce, les choses sont loin d’être aussi simples : la thérapie analytique (en face à face) n’est pas une analyse au long cours (sur le divan), tout comme l’EMDR ou l’hypnose peuvent n’être qu’une partie d’une thérapie beaucoup plus longue.

Pour en savoir plus…

https://www.franceinter.fr/emissions/sous-le-soleil-de-platon/sous-le-soleil-de-platon-du-vendredi-20-aout-2021

«  »Qu’est-ce que j’ai ? » » sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-inconscient/l-inconscient-du-dimanche-22-janvier-2023-7417587 via @franceinter

Alexandre Chalant

Psychanalyse
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